Pourquoi automatiser la veille ?
À ces méthodes manuelles, empiriques, le présent article propose une assistance numérique. Pourquoi chambouler nos habitudes qui fonctionnent plutôt pas mal, pour y faire entrer les outils numériques ? Faut-il réellement optimiser, rationaliser tout ce processus ? Je vous laisse seuls juges. Je me contenterais d’en indiquer les avantages :
- l’information vient à soi, de manière systématique. Si vous aviez pour habitude de parcourir une liste de marque-pages tous les matins dans votre navigateur, notez que votre agrégateur de nouvelles le fera pour vous et vous signalera toute nouveauté dans votre sélection de sites favoris.
- les informations récoltées sont rassemblées en un lieu unique dans lequel vous pouvez effectuer des recherches à l’aide de mots-clé. S’il vous est déjà arrivé de ne plus retrouver le support sur lequel vous aviez repéré une annonce de colloque, cela ne vous arrivera plus.
- automatisation est synonyme de traitement massif de l’information. Moyennant c’est vrai quelques astuces, il est néanmoins chose facile de scanner l’entièreté du web pour s’assurer de ne pas passer à coté de quelques chose d’intéressant.
- l’information que vous sélectionnez est immédiatement partageable avec autrui. Si vous aviez pour habitude de recopier la référence, vos annotations et citations concernant vos trouvailles dans un courriel pour vos collègues, sachez que votre lecteur de nouvelles le fera pour vous par le biais des réseaux sociaux auquel il est connecté.
En bref, le lecteur de nouvelles va chercher l’information pour vous ; il est votre mémoire ; il est infatigable ; et en bonus : il communique pour vous. Dire l’automatisation de la veille résout tous les problèmes serait trompeur, néanmoins c’est l’occasion d’en évacuer l’essentiel des tâches fastidieuses et chronophages.
Comment est-ce que cela fonctionne ?
Considérons que le processus de veille se décompose en trois phases :
- la moisson : recueillir les informations auprès de différentes sources, préalablement identifiées comme potentiellement pertinentes ;
- la sélection : trier les informations, évaluer leur pertinence effectives, pour n’en garder que l’essentiel ;
- l’assimilation : s’approprier et utiliser le résultat de la veille.
Il s’agit ici d’automatiser la moisson des données, seule étape qui peut se passer de vous, de votre jugeote et de votre raison... à une condition près bien sûr : avoir au préalable indiqué à votre agrégateur de nouvelles les sources d’information. La veille scientifique ne se limite certes pas à la récolte des données, mais elle en est le moment central, le plus redouté, car le plus long et le plus compliqué à mettre en œuvre. C’est sur ce point précis que l’agrégateur de nouvelles va avant tout nous aider.
Google Reader est un exemple d’agrégateur de nouvelles, qui constitue un bon outil pour une première approche. Concrètement, la tâche d’un tel outil est de vérifier pour vous - par exemple une fois par jour - les sites web que vous lui aurez indiqué. Pour chaque source, deux situations peuvent se présenter :
- rien de nouveau n’a été publié sur le site source, en quel cas Google Reader reste silencieux ;
- un ou plusieurs articles sont nouveaux depuis sa dernière vérification, en quel cas Google Reader importe à votre attention le contenu nouvellement publié (il est donc possible, sauf exceptions, de lire le contenu sans vous rendre sur le site source).
Ce qu’il faut savoir
Pour vérifier le contenu d’un site source, Google Reader consulte l’adresse internet que vous lui avez indiqué. Ce n’est toutefois pas l’adresse standard du site internet qui est utilisée ici, mais l’adresse d’un canal spécifique au travers duquel la source qui vous intéresse diffuse son contenu (sous forme brute, qui sera ensuite mis en page par votre agrégateur comme le ferait n’importe quel navigateur). Ce canal est appelé flux d’information.

- Logo standard désignant un flux de syndication
Plusieurs normes de flux d’informations existent comme autant de variantes des règles de diffusion au travers du canal : RSS, RSS 2.0, Atom. Ceci n’a absolument aucune importance pour l’utilisateur que vous êtes : les agrégateurs de nouvelles connaissent toutes ces normes. Simplement, il faut savoir que par abus de langage, on appelle souvent les flux d’informations des flux RSS, ou fils RSS, ou encore liens RSS.
On appelle abonnement ou souscription l’action d’indiquer à son agrégateur une nouvelle source, et syndication le procédé général qui consiste à suivre de manière distante et automatisé par le biais des flux d’information l’actualité d’un site internet. Ainsi, cet article aurait tout aussi bien pu s’appeler « la syndication pour tous ».
Trois remarques :
- un pictogramme standard permet d’annoncer la présence d’un flux d’information (ci-dessus), permettant ainsi un repérage rapide et accès facile à l’adresse RSS ;
- s’il est très rare qu’un site internet ne diffuse aucun flux d’information, il est par contre très fréquent d’en trouver plusieurs pour une même source (par exemple par rubrique, par mot-clé, par type de contenu), ce qui permet à chacun de cibler un peu mieux le type d’information pertinente ;
- certains navigateurs détectent pour vous la présence d’un flux d’information sur la page en cours de consultation (pour Mozilla Firefox, il s’agit de la petite icône à droite de la barre d’adresse).
Mode d’emploi pour votre premier abonnement
Préalable. Si vous ne possédez pas d’adresse électronique Gmail, créez en une (gratuitement), cette étape obligatoire pour utiliser Google Reader. Pour accéder à l’interface du "Reader" et ainsi lire vos nouvelles, cliquez sur le lien en haut de la page (au dessus du logo), ou en entrant « http://www.google.fr/reader » dans la barre d’adresse.
Pour ajouter un nouvel abonnement, plusieurs solutions s’offrent à vous. Premier cas : vous connaissez déjà le site auquel vous souhaitez vous abonner.
- Rendez-vous sur la page d’accueil de Google Reader, et cliquez sur le bouton en haut à gauche Ajouter un nouvel abonnement.
- Tapez un mot-clé, par exemple "Calenda" et validez. Vous verrez ainsi s’afficher tous les flux d’information diffusés par ce site ;
- Il ne vous reste qu’à choisir de vous abonner.

- Ajouter un nouvel abonnement sur Google Reader
Cette solution est rapide mais peu fonctionnelle si beaucoup de flux sont disponibles. Autre situation que vous expérimenterez : vous souhaitez vous abonner à un site que vous êtes sur le moment en train de consulter :
- soit vous apercevez le logo symbolisant la présence d’un flux RSS, et vous cliquez dessus. Par exemple pour Calenda, un lien se trouve en haut de la colonne de droite, puis vous naviguez dans la multitude des flux possibles, jusqu’à trouvez celui qui vous intéresse. Vous accédez à une page spéciale dont il vous suffit de copier l’adresse, puis de la coller dans Google Reader en utilisant toujours le bouton Ajouter un abonnement

- Accès aux flux RSS de Calenda
- soit votre navigateur comme Firefox vous informe de la présence d’un flux, dans la barre d’adresse. Après avoir cliqué sur le bouton et choisi de vous abonner, une nouvelle page apparait dans laquelle il vous suffit ensuite d’indiquer à l’aide du menu déroulant que vous utilisez Google (cocher la case "toujours utiliser" paraît une bonne idée), et enfin validez.

- Détection du flux RSS par Firefox
- (Étape 1)

- Validation de l’abonnement sur Firefox
- (Étape 2)
Vous voici donc avec votre premier abonnement, et Google Reader a normalement importé pour vous les dernières nouvelles du flux. Il ne vous reste plus qu’à allonger la liste de vos abonnements, voici quelques idées parmi les sources généralistes :
- le blog de recherche Les aspects concrets de la thèse ;
- la revue Terrain ou la revue Socio-anthopologie par exemple ;
- concernant les archives ouvertes en SHS et les archives ouvertes des thèses en ligne, quelques astuces énoncées ici sont nécessaires pour trouver le bon flux qui va bien ;
- vous pouvez aussi vous abonner sur L.A.S.P.I.C (sur ce site même), pour suivre l’actualité notamment des modes d’emploi et autres trucs et astuces ;
Quelques astuces supplémentaires
Ordonner ses abonnements en répertoires. Quand vous aurez multiplié les flux, vous éprouverez peut-être le besoin de mettre un peu d’ordre dans vos abonnements. À titre d’exemple, aujourd’hui 98 sources sont syndiquées dans mon agrégateur de flux, rangées dans 9 répertoires. Dans Google Reader, pour créer des dossiers et y ranger vos flux, rendez vous sur la page Gérer mes abonnements, dont le lien se trouve dans la colonne de gauche au pied de l’encadré Abonnements.
Diffuser ses trouvailles. Au pied de chaque article figurent plusieurs boutons, dont Partager et Partager une note. Le premier vous permettra simplement de faire figurer l’article dans votre liste de partage, le second vous permettra de faire la même chose tout en vous laissant la possibilité d’y ajouter un commentaire. Cette liste de partage est visible par tous les utilisateurs qui suivent votre activité. Notez la présence d’un menu Paramètres de partage qui vous permettra d’optimiser certains réglages, et aussi de trouver de nouvelles sources. Vous disposez sinon, toujours au même endroit, d’un bouton Email qui vous permets d’envoyer directement à un contact ciblé une information utile. Enfin, un bouton Intéressant vous permet de voter pour un contenu que vous jugez particulièrement bon.

- Les boutons de partage sur Google Reader
S’abonner encore plus intuitivement. Dans la page Paramètres de Google Reader, vous trouverez dans l’onglet Extras, un bouton S’abonner... à faire glisser dans votre menu de marque-pages ou de favoris.
Si jamais absolument aucun flux de syndication n’est disponible sur un site, je vous invite à construire vos flux RSS virtuellement (méthode ultra-simple).
En conclusion
Ayant à plusieurs reprises constaté que l’immense majorité des étudiants de mon entourage ne savaient rien de la syndication de contenu, au point de se demander si je n’inventais pas un nouveau mot à ce moment même où je leur posais la question, j’ai pris le temps d’écrire ces quelques lignes. Volontairement basique, ce mode d’emploi est rédigé sous la forme de "premiers pas...", et orienté sciences humaines et sociales, de façon je l’espère à encourager tous ceux et celles dont la complexité potentielle d’un tel outil est bien trop rédhibitoire. Au moins, vous saurez maintenant ce que signifient ces mots barbares.
Si d’autres astuces vous viennent en tête, n’hésitez pas à les partager ci-dessous ; et n’oubliez pas chaque matin de prendre 10 minutes pour consulter les nouvelles du jour. Avec le café, ce sera parfait... :)



