Bloc-note
  • 1/05. L’Afea, asso­cia­tion fran­çaise d’eth­no­lo­gie et d’anthro­po­lo­gie, ouvre offi­ciel­le­ment son site web.
  • 18/02. Appel à sou­tien chez eth­no­gra­phi­ques.org : revue en ligne qui pro­pose depuis 2002 des tex­tes fran­co­pho­nes en libre accès.
  • 9/02. Pourquoi inté­grer de l’infor­ma­tion numé­ri­que dans le monde phy­si­que ? Pour nous aider « à res­ter humain » : un SixthSense open source.
  • 23/11. Séminaire Digital Humanities : « Les trans­for­ma­tions numé­ri­ques du rap­port aux savoirs ». Organisé par le Cléo à l’EHESS, une fois par mois.

+ Lire les archives...

Agenda
Actuellement ni annonce, ni événement ne sont répertoriés.

+ Lire les archives...

Bac +7, doctorant à 0 euro de revenus par mois

En réaction en l’article du Monde.fr, ce 5 octobre

Suite à cet article du Monde.fr, Les soutiers de l’université [1], voici quelques réactions personnelles que je vous livre à chaud. En quelques mots, ce texte dresse un état des lieux pessimiste de la situation des jeunes chercheurs à l’université qui souvent multiplient les CDD sans jamais obtenir un poste durable. C’est en fait un recueil de témoignages, où une multitudes de problèmes divers sont évoqués. Son principal attrait est de mettre en lumière cette précarité chez les hauts diplômés, qui se sait dans le milieu mais ne se dit que peu.

Les causes sont pourtant connues et admises par grande majorité des universitaires - manque de financement, créations de postes bien trop rares... - mais tous ferment étonnamment les yeux sur les suites. Pudeur de celui ou celle qui peine à boucler ses fins de mois ? Mépris envers celui ou celle qui manifestement n’est pas suffisamment excellent pour percer ? Doctorants et jeunes docteurs sont en définitive dans la même barque, la reconnaissance du diplôme relève du détail, tout au moins du point de vue de la carrière professionnelle. Mais alors me direz-vous : « Pourquoi ne pas passer un concours ? C’est l’occasion d’accéder à un poste stable, qui correspond parfaitement à votre profil, et qui apporte la preuve de votre excellence [2] ! ».

Non, je ne passerai pour ma part pas de concours de type CAPES ou agrégation [3]. La première raison est que ces concours n’existent simplement pas dans ma spécialité (et ce n’est pas la seule), je vous invite à vérifier. La raison semble simple, l’ethnologie (ou l’anthropologie comme vous voudrez) ne s’enseigne pas dans le secondaire. De fait aucune débouchée hors du circuit universitaire n’est envisageable. Seconde raison, nous n’y sommes pas formés. C’est une ironie du cursus universitaire [4], notre excellence est mesurée sur de longues durées à l’occasion de mémoires ou de thèses, et non pas sur un laps de temps très bref. Endurance, plutôt que vitesse. Demanderions-nous à un coureur de marathon de courir le 100 mètres sous prétexte que c’est une discipline plus vendeuse ?

Décidément, je ne vois à cette situation aucune issue institutionnelle. Avec mes zéro euros par mois à écrire ma thèse - il a bien fallu que j’arrête de travailler pour en avoir le temps ! - et l’absence totale de perspective à moyen terme d’obtenir un poste universitaire, je félicite mes convictions d’être encore solides. Comment boucle-je actuellement mes fins de mois ? J’ai trouvé un mécène en la personne de ma compagne. Quels projets pour la suite ? Surement la création d’une association de défense des intérêts des intermittents de l’ethnologie. Un regret ? Que tout cela va dans le sens d’une flexibilisation, et donc d’une instrumentalisation des sciences sociales, et que l’on n’a pas d’autre choix que d’y contribuer.

Notes

[1] Lors de ma première lecture le jour de la publication, l’article avait pour titre "A bac + 8, des universitaires à 1500 euros par mois". C’est d’ailleurs sous ce nom qu’on le trouve encore sur la page d’accueil du site.

[2] J’insiste sur la notion d’excellence, car il est bon de rappeler qu’entreprendre une thèse c’est bien entendu suivre une filière d’élite. Cette notion revient très souvent dans les discussions, et constitue comme un centre de gravité qui explique, légitime, excuse toutes sortes d’arguments. C’est pour ma part une notion creuse, mais il faut reconnaitre que c’est bon pour l’ego. ;)

[3] À ce sujet, on peut se référer par exemple aux commentaires de O, de Dr T.G ou de Voltaire.

[4] Ironie, car dans le même temps on incite les jeunes bacheliers à se former à l’université avant de se présenter aux concours, de la fonction publique notamment.

Une réaction, un commentaire ?
#1 SC, le 9 octobre 2009 à 23:05

Quels projets pour la suite ? Surement la création d’une association des intérêts des intermittents de l’ethnologie.

Et pourquoi pas ? Ça existe dans certaines disciplines, où l’on se bat pour informer, pour rendre certaines pratiques plus transparentes, pour dénoncer ce qui est inacceptable.

Il faut des associatifs chez les jeunes chercheurs ! Prolétaires de toutes les disciplines, etc.

#2 Jonathan, le 19 octobre 2009 à 22:17

Merci pour ce lien, je ne pensais pas toucher si près du but ! C’est une idée à prendre au sérieux alors... :)

Les jeunes chercheurs ont bien sûr un intérêt à regarder ce qu’il se passe du coté des associations. C’est un moyen solide de porter un projet, pour défendre une cause mais aussi s’il est question de créer de l’emploi. Dès lors - je me prends à rêver - pourquoi ne pas imaginer créer le sien ? J’en ai vu ici un exemple, même si offrir des débouchés aux jeunes chercheurs n’est probablement pas indiqué dans leurs statuts... Sur un autre plan, c’est aussi une illustration originale des liens qui peuvent être tissés entre les milieux associatifs et universitaires.


  • Pour créer un paragraphe, laissez simplement une ligne vide.
    Pour mettre en forme votre texte ou insérer un lien, utilisez les boutons proposés.

Crédit photo : Dans l’Ascenseur BW de SSShupe.

Mentions légales et crédits    Contact    Abonnez-vous !

                                                    

9 billets, 8 articles et 33 commentaires publiés.
Ce site accueille actuellement une moyenne de 61 visiteurs par jour.
Dernière mise à jour le vendredi 11 juin 2010.

Propulsé par Spip 2      Connexion