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De l’intérêt pour l’UMP de se doter d’un réseau social

À la recherche d’une nouvelle image

L’UMP ouvre en ce début d’année 2010 son réseau social Les créateurs de possible, conçu pour être la « première communauté citoyenne d’actions politiques » [1]. Sur le sujet, beaucoup de choses ont déjà été dites, débattues, concernant l’utilisabilité de l’outil, sa pertinence et autres analyses qui peuvent parfois prendre la forme de chasses aux dérapages.Pourtant si ce projet est aujourd’hui inauguré, c’est bien que le produit correspond aux attentes de ses concepteurs. Et n’est-ce pas là l’essentiel ? Quelles ont pu être alors les motivations de ce parti politique à se doter d’un tel outil, vu ses surprenantes caractéristiques ?

De mon point de vue, toute l’étrangeté de ce projet tient du fait que l’UMP - en tant que tel - n’a absolument aucune intention de s’intéresser de près ou de loin aux différentes initiatives [2]. C’est d’ailleurs tellement vrai que ce site n’est pas destiné aux militants mais aux citoyens [3] ; et que le parti s’y fait en tant que tel étonnamment discret [4]. Quel intérêt donc ? L’UMP a-t-il voulu piéger l’internet ? Ou espère t’il asphyxier ainsi le débat ? L’objectif est-il plus pragmatiquement 2012 (ou 2017) ? Ou est-ce une tentative de créer de la démocratie participative, système dont il a lui-même fortement contribué à montrer les limites aux dernières élections présidentielles ?

J’y vois pour ma part une simple opération de communication. Dans une optique de modernisation du parti [5], il semble qu’il soit impossible de ne pas jouer sur le tableau du web 2.0 et l’e-démocratie : tout le monde veut son mybarackobama.com. Bien sûr, il serait absurde de ne pas tenter en prime d’élargir la base militante en attirant avec cette boite à outil ultra-moderne les militants apolitiques sous leur bannière. La stratégie du « on n’a pas besoin de le lancer [le site] avec flonflons et trompettes » (N. Kosciusko-Morizet, ici) participe de la même logique : séduire « la jeune génération qui passe plus de temps sur Internet que devant la télévision » (B. Apparu, ici), et c’est l’occasion de créer un buzz... À ce sujet, on se souviendra de celui occasionné par les (presque) mêmes protagonistes le mois dernier autour du lipdub. On peut en conclure qu’en terme de communication en ligne, leur conseiller bosse à mi-temps... ou alors que ce parti tente maladroitement de se construire une image sur internet [6].

L’UMP tâtonne, expérimente, c’est finalement mon ressenti vis-à-vis de ce (micro) événement. Rien de nouveau au demeurant, c’est également ce qu’il ressort de mes entretiens. Les politiciens - de tout bords - sont conscients qu’il se passe en politique quelque chose d’important, et de plus en plus incontournable, avec l’internet et l’objet informatique (au sens large). Les uns s’en affolent, les autres explorent, font des tentatives, et se font d’ailleurs épingler pour toutes leurs maladresses. Leur tort ? Assurément de se contenter de suivre l’air du temps pour rester à la page, de ne pas chercher à comprendre la nature de l’outil. Preuve en est cette phrase de Benoist Apparu, « On doit être là où les gens sont, sur les marchés comme sur Internet », qui nous montre bien cette vue biaisée d’internet comme un lieu et non comme un outil.

Les politiciens sont-ils cependant les seuls à faire la confusion ?

Quelques liens

Voici quelques contributions sur le sujet qui, dans le raz-de-marée, m’ont plu et ont servi à la rédaction de ce billet :

Notes

[1] Propos de Benoist Apparu, secrétaire d’État au Logement, chargé des communautés numériques à l’UMP (vu sur Libération.fr).

[2] Voir l’article de Luc Mandret.

[3] « L’UMP espère ainsi courtiser les bonnes volontés pas forcément prêtes à pousser la porte d’une permanence », propos de Benoist Apparu, rapporté par Libération.fr.

[4] Luc Mandret (encore) en rapportant les propos de N. Kosciusko-Morizet : « Il n’y aura pas de logo UMP mais un logo "créateurs de possibles", partant du constat que les gens sont rebutés par l’idée même de parti. ».

[5] Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP lors de l’université d’été du parti en septembre dernier, décrit ce site comme étant le « projet phare de la stratégie de modernisation du mouvement populaire ».

[6] En ce sens oui, il y a peut-être alors derrière tout ceci les futures élections présidentielles en ligne de mire.

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Crédit photo : « Les réseaux sociaux dans l’hebdo Vendredi » de luc legay (CC)

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Dernière mise à jour le vendredi 11 juin 2010.

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