Articles dans des revues à comité de lecture

  • L’identité numérique de l’ethnographe. Analyse réflexive et stratégies d’enquête dans les terrains multiplexes Publié dans Terminal. Technologie de l'information, culture & société, n° 129 « Explorer les méthodes en ligne pour des terrains hors ligne », 2021. En accès libre sur le site de la revue
    Résumé : J’expose dans cet article les enjeux épistémologiques et méthodologiques que posent aux ethnographes les mondes sociaux où les modalités d’articulation entre les sociabilités en ligne et hors ligne ne font pas l’unanimité parmi les acteurs sociaux, au point de générer des controverses. Dans ce type de terrain, caractérisé par une « multiplexité dynamique », les logiques interactionnelles sont contradictoires et mouvantes, ce dont l’ethnographe doit tenir compte pour mener son enquête. En prenant pour exemple mon terrain à l’Assemblée nationale française entre 2007 et 2019, je montre que l’enquêteur gagne à agir de la même manière que ceux qu’il étudie, en adoptant une posture réflexive quant à son « identité numérique » et en usant de celle-ci pour développer des stratégies destinées à contourner les rigidités que certaines règles de sociabilités locales imposent à ses investigations. Plus largement, cet article entend sensibiliser les étudiants et les chercheurs sur la nécessité de prêter une attention soutenue à leurs propres pratiques numériques lorsqu’ils engagent un travail de terrain, que ce dernier porte sur la question numérique ou non, tant il est probable qu’elles influeront sur l’enquête.
  • Le vote électronique à l’Assemblée. Prévenir et contenir la panne en République Publié dans Techniques & Culture [En ligne], Suppléments au n° 72 « En cas de panne », 2019. En accès libre sur le site de la revue
    Résumé : Le système de vote électronique utilisé par les parlementaires de l’Assemblée nationale fait aujourd’hui l’objet d’une attention minutieuse, attendu qu’il ne doit faillir sous aucun prétexte. Pourtant le règlement de l’institution dispose de modalités de vote applicables en cas de dysfonctionnement. Dans cet article, je m’interroge sur les deux faits présentés ci-dessus, antinomiques en apparence. Pourquoi cette quête impérative de fiabilité s’il existe une manière alternative de voter ? Inversement, pourquoi cette disposition réglementaire si ce système ne peut défaillir ? Dans l’ensemble, cet article aborde à la fois les représentations culturelles entourant un dispositif technique lorsque le fonctionnement de l’appareil d’État repose sur lui, et les conditions de possibilité de cette fiabilité technique.
  • Les téléphonistes de la Chambre. Infrastructure de communication et division du travail au Palais Bourbon sous la Troisième République Publié dans la Revue française de science politique, vol. 67, n° 4, 2017, p. 653-673. En accès libre sur HAL
    Résumé : Cet article traite des transformations du métier de député en France durant la IIIe République, engendrées par l’installation du téléphone et la création d’un service chargé de son exploitation au Palais Bourbon, à partir de 1881. L’analyse des archives historiques de la questure de la Chambre montre que, en raison de différentes contraintes, l’appropriation de ce moyen de communication a été singulière, au sens où elle a pris la forme d’un usage par délégation. Plutôt que de téléphoner eux-mêmes, les députés se sont en effet peu à peu déchargés de leurs appels sur les téléphonistes, inaugurant des modalités inédites de division du travail parlementaire. La formalisation des usages du téléphone chez les députés illustre alors la rationalisation du parlementarisme français au début du XXe siècle.
    La revue Techniques & culture a publié sur son blog un compte-rendu de cet article en avril 2018.
  • Twitter et les relations de séduction entre députés et journalistes. La salle des Quatre Colonnes à l’ère des sociabilités numériques
    Publié dans Réseaux, n°188, vol. 6, 2014, p. 201-228.En accès libre sur HAL
    Résumé : Ce texte entend décrire la manière dont Twitter s’insère, aujourd’hui en France, au centre du jeu d’influence qui réunit les députés et les journalistes dans la production de l’actualité politique. L’analyse montre comment les nouveaux usages médiatiques que permet ce média sont l’occasion pour les députés de s’émanciper d’une institution parlementaire historiquement soucieuse de contrôler au plus près la visibilité médiatique des activités qu’elle accueille. Néanmoins, si cette dynamique participe d’un désenclavement dans les relations entre la presse et l’Assemblée, les modes d’interaction entre députés et journalistes dans cet espace ne se distinguent pas significativement de ceux en vigueur en salle des Quatre Colonnes.
    Le magazine Sciences Humaines a consacré quelques paragraphes à cet article, dans son numéro de juin 2015.

Chapitres d'ouvrages collectifs

  • Une métaphore digestive de la réflexivité. Ethnographie, épistémologie(s) et écriture
    Avec Fred Pailler.Publié dans Quidu M. (dir), Épistémologie du corps du savant (tome I). Le chercheur et la description scientifique du réel, Paris, L’Harmattan, 2014, p. 219-239.En accès libre sur HAL
    Résumé : Ce texte discute la manière dont l'exercice de réflexivité, en anthropologie et en sociologie, est aujourd'hui devenu un savoir-faire fourni par l'institution universitaire à ses étudiants. Ce savoir-faire n'a pourtant pas aidé les auteurs à explorer leurs propres terrains de thèse, bien au contraire, l'exercice les a mené à maintes confusions et incompréhensions. Une succession de décalages avec leurs expériences respectives sont identifiés ici,  et certains postulats théoriques sont interrogés. L'exercice de réflexivité est alors reformulé dans des termes qui donnent une légitimité à des formes d'écriture hors-protocole, et impose de tenir compte de la lenteur et du caractère situé, donc non-reproductible, du processus de production du savoir. Une telle formulation conduit à associer étroitement les enjeux méthodologiques et les enjeux rencontrés sur le terrain ce qui, selon les auteurs, engendre un rapport différent à l'énonciation scientifique.
  • Un « appeau à journaliste » pour les députés, ou Twitter comme antichambre à la publicité parlementaire Publié dans Zlitni S., Liénard F., Dula. D et Crumière C (dir.), Communication électronique, cultures et identités, Le Havre : Éditions Klog, 2014, p. 371–378. En accès libre sur HAL
    Résumé : Ce texte est l’occasion de faire un premier point sur une réflexion concernant l’usage de la plateforme de micro blogging Twitter à l’Assemblée nationale française. L’analyse des dates d’ouverture des comptes des députés, depuis 2008, montre une dynamique d’appropriation structurée en trois périodes principales, auxquelles correspondent des logiques d’usages spécifiques. Au terme de ce processus, en septembre 2012, lors de l’ouverture de la quatorzième législature, Twitter constitue un espace médiatique incontournable, ce qui suggère l’hypothèse d’une reconfiguration des relations en députés et journalistes. De fait, Twitter paraît constituer une émanation de la salle des Quatre colonnes, en ligne, donc ouverte et à l’effet démultiplié.
  • Du logiciel libre pour l'Assemblée Nationale. Liberté du code versus liberté des usages Publié dans Paloque-Berges C. et Masutti C. (dir), Histoires et cultures du Libre. Des logiciels partagés aux licences échangées, Framabook, Paris, 2013, p. 461-485. En accès libre sur HAL
    Résumé : Fin 2006, l’Assemblée nationale française choisi de doter pour la treizième législature de logiciels exclusivement libres les postes informatiques des bureaux parlementaires. Le récit de l’évolution du projet de sa conception jusqu’à sa réalisation, puis à son déploiement auprès des utilisateurs, illustre quelles attentes cette technologie a suscité durant la décennie 2000-2010, et donc les défis qui se sont imposés à eux. Le fait est que le projet n’a pas été à la hauteur des attentes initiales : par la souplesse qu’il apporte dans la conception des systèmes spécifiques, le logiciel libre s’est davantage adapté aux contraintes des commanditaires plutôt qu’à celles des usagers. Paradoxalement, la mise en œuvre de ce projet a conduit au final à ce que les députés perçoivent le logiciel libre comme étant coercitif et anachronique.

Rapports de recherche

  • Journalistes et chercheurs mènent l'enquête. Étude de trois collaborations interprofessionnelles
    Avec Alexandra Caria.Rapport de recherche du projet PLAteforme Collaborative pour les Enjeux Sociétaux (PLACES), Paris : OpenEdition Center, décembre 2020.En accès libre sur HAL
    Résumé : Le projet PLACES a eu pour ambition de formuler une proposition nouvelle pour répondre aux enjeux de la mise en public des sciences dans le contexte marqué par le phénomène de désinformation massive que connaissent aujourd’hui les sociétés démocratiques. Les journalistes et les chercheur.e.s tendent en effet à assurer deux rôles distincts et successifs, ce qui engendre un cloisonnement des pratiques professionnelles et constitue un obstacle à une bonne compréhension des enjeux de société. Pour expérimenter une collaboration renouvelée entre ces deux mondes professionnels, le projet PLACES les a invités à être co-acteurs du processus de la production du savoir et ainsi à prendre part à une démarche de science citoyenne. Trois enquêtes expérimentales ont été élaborées en ce sens, rassemblant chacune un.e journaliste et un.e chercheur.e en sciences humaines et sociales, dans le but de mettre à l’épreuve ces collaborations et d’en observer les obstacles comme les richesses. Dans ce rapport qui restitue les résultats de la recherche, les auteurs décrivent ces partenariats ainsi que les différents ajustements de pratiques occasionnés. Ils synthétisent et problématisent les défis rencontrés et, finalement, émettent des préconisations en vue de la création d’une plateforme destinée à soutenir ce type de collaboration interprofessionnelle.

Thèse de doctorat

  • « L'Assemblée du 21e siècle ». Anthropologie et histoire des infrastructures de communication d'une institution politique d'État Sous la direction de Marc Abélès, EHESS, soutenue le 29 juin 2019. Fiche de présentation détaillée sur Theses.fr et sur HAL. Le manuscrit n'est pas disponible en ligne mais peut être envoyé sur demande.
    Résumé : Cette thèse pose la question de la transformation d'une institution politique d'État, l'Assemblée nationale française, du fait de l’apparition des technologies de communication électriques et numériques depuis la fin du XIXe siècle. Avec pour hypothèse que l’évolution des moyens de communiquer pourrait avoir engendré une évolution des modalités d’existence des États modernes, elle s’inscrit dans une anthropologie politique et technique dont le projet est de décrire le changement de l’ordre social. Afin de vérifier cette assertion, une enquête ethnographique a été entreprise au Palais Bourbon à Paris, avec pour objet d’étudier l’infrastructure parlementaire. Un travail aux archives de l’administration de l’Assemblée a été menée en parallèle, afin de conférer une profondeur historique aux observations réalisées in situ. Cinq études de cas ont été réalisées, qui sont autant de chapitres de ce manuscrit, qui tendent ensemble à montrer que depuis la fin du XIXe siècle, l’Assemblée s’est tout autant transformée qu’elle est restée immuable, ceci afin de préserver certains de ses principes fondateurs.
    La revue Le Temps des Médias (n° 33) a publié un résumé de cette recherche dans sa rubrique Positions de thèses.

Comptes-rendus