Articles dans des revues à comité de lecture

  • Le vote électronique à l’Assemblée. Prévenir et contenir la panne en République
    Publié dans Techniques & Culture [En ligne], Suppléments au n° 72 « En cas de panne », 2019.
    En accès libre sur Open Edition
    Résumé : Le système de vote électronique utilisé par les parlementaires de l’Assemblée nationale fait aujourd’hui l’objet d’une attention minutieuse, attendu qu’il ne doit faillir sous aucun prétexte. Pourtant le règlement de l’institution dispose de modalités de vote applicables en cas de dysfonctionnement. Dans cet article, je m’interroge sur les deux faits présentés ci-dessus, antinomiques en apparence. Pourquoi cette quête impérative de fiabilité s’il existe une manière alternative de voter ? Inversement, pourquoi cette disposition réglementaire si ce système ne peut défaillir ? Je commence par retracer succinctement l’histoire de la « machine de vote » installée dans l’hémicycle du Palais Bourbon depuis 1959, pour en décrire ensuite l’infrastructure. Afin d’expliciter ensuite les risques redoutés, deux situations de pannes survenues en octobre 1997 sont présentées et analysées, faisant apparaître que les dysfonctionnements de la machine sont interprétés comme ceux du système politique lui-même, c’est-à-dire celui de la Ve République. Je détaille pour terminer les stratégies engagées par l’administration parlementaire pour atteindre cet objectif de haute fiabilité, en montrant que cette machine de vote satisfait aux attentes dont elle fait l’objet grâce à des activités humaines invisibles étroitement intriquées avec son fonctionnement. Dans l’ensemble, cet article aborde à la fois les représentations culturelles entourant un dispositif technique lorsque le fonctionnement de l’appareil d’État repose sur lui, et les conditions de possibilité de cette fiabilité technique.
  • Les téléphonistes de la Chambre. Infrastructure de communication et division du travail au Palais Bourbon sous la Troisième République
    Publié dans la Revue française de science politique, vol. 67, n° 4, 2017, p. 653-673.
    En accès payant sur CAIRN
    Résumé : Cet article traite des transformations du métier de député en France durant la IIIe République, engendrées par l’installation du téléphone et la création d’un service chargé de son exploitation au Palais Bourbon, à partir de 1881. L’analyse des archives historiques de la questure de la Chambre montre que, en raison de différentes contraintes, l’appropriation de ce moyen de communication a été singulière, au sens où elle a pris la forme d’un usage par délégation. Plutôt que de téléphoner eux-mêmes, les députés se sont en effet peu à peu déchargés de leurs appels sur les téléphonistes, inaugurant des modalités inédites de division du travail parlementaire. La formalisation des usages du téléphone chez les députés illustre alors la rationalisation du parlementarisme français au début du XXe siècle.
    La revue Techniques & culture a publié sur son blog un compte-rendu de cet article en avril 2018.
  • Twitter et les relations de séduction entre députés et journalistes. La salle des Quatre Colonnes à l’ère des sociabilités numériques
    Publié dans Réseaux, n°188, vol. 6, 2014, p. 201-228.En accès libre sur HAL-SHS
    Résumé : Ce texte entend décrire la manière dont Twitter s’insère, aujourd’hui en France, au centre du jeu d’influence qui réunit les députés et les journalistes dans la production de l’actualité politique. L’analyse montre comment les nouveaux usages médiatiques que permet ce média sont l’occasion pour les députés de s’émanciper d’une institution parlementaire historiquement soucieuse de contrôler au plus près la visibilité médiatique des activités qu’elle accueille. Néanmoins, si cette dynamique participe d’un désenclavement dans les relations entre la presse et l’Assemblée, les modes d’interaction entre députés et journalistes dans cet espace ne se distinguent pas significativement de ceux en vigueur en salle des Quatre Colonnes.
    Le magazine Sciences Humaines a consacré quelques paragraphes à cet article, dans son numéro de juin 2015.

Chapitres d'ouvrages collectifs

  • Une métaphore digestive de la réflexivité. Ethnographie, épistémologie(s) et écriture
    Avec Fred Pailler.Publié dans Quidu M. (dir), Épistémologie du corps du savant (tome I). Le chercheur et la description scientifique du réel, Paris, L’Harmattan, 2014, p. 219-239.En accès libre sur HAL-SHS
    Résumé : Ce texte discute la manière dont l'exercice de réflexivité, en anthropologie et en sociologie, est aujourd'hui devenu un savoir-faire fourni par l'institution universitaire à ses étudiants. Ce savoir-faire n'a pourtant pas aidé les auteurs à explorer leurs propres terrains de thèse, bien au contraire, l'exercice les a mené à maintes confusions et incompréhensions. Une succession de décalages avec leurs expériences respectives sont identifiés ici,  et certains postulats théoriques sont interrogés. L'exercice de réflexivité est alors reformulé dans des termes qui donnent une légitimité à des formes d'écriture hors-protocole, et impose de tenir compte de la lenteur et du caractère situé, donc non-reproductible, du processus de production du savoir. Une telle formulation conduit à associer étroitement les enjeux méthodologiques et les enjeux rencontrés sur le terrain ce qui, selon les auteurs, engendre un rapport différent à l'énonciation scientifique.
  • Du logiciel libre pour l'Assemblée Nationale. Liberté du code versus liberté des usages
    Publié dans Paloque-Berges C. et Masutti C. (dir), Histoires et cultures du Libre. Des logiciels partagés aux licences échangées, Framabook, Paris, 2013, p. 461-485.
    En accès libre sur HAL-SHS
    Résumé : Fin 2006, l’Assemblée nationale française choisi de doter pour la treizième législature de logiciels exclusivement libres les postes informatiques des bureaux parlementaires. Le récit de l’évolution du projet de sa conception jusqu’à sa réalisation, puis à son déploiement auprès des utilisateurs, illustre quelles attentes cette technologie a suscité durant la décennie 2000-2010, et donc les défis qui se sont imposés à eux. Le fait est que le projet n’a pas été à la hauteur des attentes initiales : par la souplesse qu’il apporte dans la conception des systèmes spécifiques, le logiciel libre s’est davantage adapté aux contraintes des commanditaires plutôt qu’à celles des usagers. Paradoxalement, la mise en œuvre de ce projet a conduit au final à ce que les députés perçoivent le logiciel libre comme étant coercitif et anachronique.

Comptes-rendus